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Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle critique qui va concerner un film que j’ai vite évoqué à plusieurs reprises dans d’autres critiques, il est produit par A24(studio de production crée en 2012 et connu pour de très belles œuvres comme Enemy de Denis Villeneuve, The Witch de Robert Eggers, the Florida Project de Sean Baker, etc …) Évidemment c’est un film qui a bénéficier d’une grande liberté de création comme la plupart des productions de ce studio, il est écrit, réalisé par David Lowery, il s’agit donc de A Ghost Story. Parler de lui s’avère compliqué, déjà parce que peu de gens le connaisse même si YouTube ou d’autres médias ont pu l’aider à avoir une certaine réputation, il n’a été diffuser dans pratiquement aucun cinéma, et les versions DVD et blu-ray sont assez difficile à trouver en France pour un film sorti fin 2017, c’est déjà une grosse erreur de ne pas l’avoir diffuser en salle sachant qu’au même titre que 2001, il est très difficile d’accès si on le regarde dans de mauvaises conditions, il ne faut aucune distraction durant ce film. Évidemment le film a eu le droit a son lot de critique très mauvaise et très bonne, certain le glorifiant parce qu'il est long, que sa narration est diffuse et car il s’agit d’un film d’auteur, d’autre l’enfonçant pour les mêmes raisons.

Les films d’auteurs chiants et qui ne racontent rien, ça existe, cependant, A Ghost Story n’en fait pas parti, une autre raison qui fait qu’il est difficile de parler du film, ce sont les sujets abordé dans celui-ci et j’ai un énorme respect pour les films qui essayent de parler de sujets vastes et tellement complexes qu’on ne peut pas les aborder dans un long métrage. Ici en 1H30, A Ghost Story évoquera, la vie, la mort, la vie après la mort, l’amour, l’univers, le temps qui passe et qu’on ne peut pas stopper, l’évolution d’une société, la disparition des choses et de la connaissance, le changement urbain, la nature, etc …).

Il faut savoir une choser, malgré la complexité des thèmes abordé, A Ghost Story n’échoue pas à en parler et les transmettre, tout simplement car on est dans le parfait exemple « Show and Don’t tell », au cinéma pas besoin de parler, on peut montrer, le seul moment assez bavard du film c’est quand lors d’une fête un homme assez étrange parle de la fin de l’univers et de la disparition de toutes connaissances humaines.

Donc ça va être particulier mais je vais faire un petit résumer du film. Cette critique ne contiendra pas de spoiler enfin pour moi ça n’en est pas, car le film est plus une expérience qu’une simple histoire racontée (je conseil d’ailleurs de lire le synopsis de Wikipédia que je trouve personnellement très beau et très bien rédigé).

C (incarné par Casey Affleck) et M (jouée par Rooney Mara) sont en couple et vivent dans une petite maison de banlieue, un jour C meurt et devient alors un fantôme, la vision très enfantine d’un fantôme puisqu’il s’agit simplement de Casey Affleck sous un drap, il reviendra alors dans sa maison ou M y vit toujours, il restera alors dans la maison sans qu’on sache vraiment trop pourquoi, il verra les visiteurs et propriétaire de la maison s’enchaîner.

Alors déjà on va mettre les choses au clair, oui le film est lent oui le format est étrange (une sorte de 4/3 en forme de polaroid), il y a très peu de dialogue… Raison de plus de mettre toutes les chances de votre coté en le regardant, pour l’apprécier, de très bonnes conditions sont nécessaires, je ne le dirai jamais assez, ce film est une expérience, au même titre que 2001 l’odyssée de l’espace.

Je pense que ça se voit avec mes critiques (et ça va se voir beaucoup avec Blade Runner 2049), j’aime beaucoup quand il y a une belle direction de la photographie, j’aime les plans magnifiques qui prennent leurs temps sans faire seulement de la pose et c’est le cas avec A Ghost Story, c’est beau c’est propre, beaucoup de plan fixes, en même temps le film a couté 100000 dollars donc bon.

Second point positif, ( le fait de créer une œuvre pareille avec 100000 dollar est pour moi un point positif) là où Disney privilégie les films à gros budget, David Lowery et A24 ont créer une œuvre à 100000 dollars contenant deux acteurs principaux justes incroyables, et il se permet même de très beaux décors de ville futuriste avec un très beau saut du fantôme du haut d’un bâtiment, dont je parlerai un peu plus tard, ça fait du bien de voir que le cinéma peut créer de belles œuvres pour un dixième de millions de dollar, pendant que d’autre privilégie l’action et un recette Coca Cola à 200 000 millions de dollar.

Ensuite les thématiques je les aient cités plus tôt, elles sont très vastes, mais très bien exploitées et on a deux types de réaction en finissant en finissant ce film, soit une réaction soit un regard très pessimiste sur tout ça soit très optimiste sur les thématiques.

J’aimerai approfondir la thématique du temps, on peut lire sur la pochette du film, « tout n’est qu’une question du temps » sur le résumé du film, on peut lire « dans cet état spectral, le temps n’a plus aucune emprise sur lui », le film a déjà un rapport très particulier au temps, on le voit avec cette lenteur dans le film est dans les séquence ou on voit à travers le fantôme, notamment le magnifique plan séquence raccordé numériquement ou on voit défilé les différentes M (Rooney Mara) de chaque jour, on peut parler aussi des différentes ellipses où aucun repère temporel n’est précisé, les bâtisseur d’une maison arrive et en quelque secondes sont tuer par des sauvage, leurs cadavre se décomposent l’herbe pousse, je n’ai jamais vu ce genre de séquence dans un autre film, et je trouve ça simplement dingue qu’un film avec si peu de budget me fasse découvrir ce genre de scène.

Ensuite j’aimerai parler des émotions du fantôme de C, il est la représentation infantile, déjà parce que le budget ne permettait sûrement pas d’en faire un numériquement, et surtout il donne tout son charme au récit, il marquera tout simplement par le fait qu’il est la meilleure figure du fantôme, cette idée de ce draps vide que l’on se fait depuis tout petit.

Par ailleurs on pourrait penser que dans ce draps le personnage ne transmet aucune émotion mais ce n’est pas le cas, on s’identifie très vite au personnage le plus surnaturel de cette histoire et on sais ce qu’il ressent même dans cet état spectral, on ressentira par exemple sa frustration, sa tristesse sa jalousie, les plans et le contexte nous aide a comprendre toutes ses émotions.

 

Au début, lors de l’apparition du fantôme, cette tenue peut apporter le rire dans le sens ou c’est une représentation très basique, je veux donc évoquer l’humour qui est rarement présent mais bien la notamment dans une scène de discussion entre deux fantôme, celui de C et celui d’une femme(chose précisé dans le Blu-Ray ) dans la maison d’en face (joué par le réalisateur lui-même), ces plan sont très beau, chaque fantôme est derrière sa fenêtre et il communique comme si il étaient relié, la distance, le son n’ont plus aucune importance dans ce mode spectral, au départ la scène est assez drôles et on se rend vite compte que le dialogue est assez sec et triste, cette tristesse est notamment renforcé par la musique.

Ensuite je voudrai parler d’une scène clé du film, une fois que le personnage de Casey Affleck se réveille avec son drap dans la morgue on change complètement de dimension, on passe alors dans cette dimension spectrale, plus personne ne nous voit, on regarde à travers les yeux du fantôme et c’est tout. Le fantôme de C marche alors dans un couloir en forme de T, il y a un couloir a droite, un à gauche, et dans le mur devant lui s’ouvre une porte complètement carrée et illuminée, on peut évidemment penser que cette fenêtre est un symbole du repos de l’âme, en tout cas une façon de ne plus errer. Cependant cette fenêtre se ferme assez vite, nous laissant penser que son fantôme à une dernière chose à accomplir, il va alors a gauche (au cinéma la gauche symbolise en général le passé) et vu qu’il se prépare à retourner là où il a vécu durant la fin de sa vie, le choix du couloir gauche semble assez logique et symbolique.

 

Ensuite, parlons de la musique, toute la bande originale est composée par Daniel Hart, son travail est fabuleux dans ce film, chaque musique est belle, et là pour soutenir le propos et les émotions du film. J’ai bien sûr comme beaucoup de gens une préférence pour la chanson du film, I get overwhelmed jouée par le groupe Dark Rooms, les autres musiques sont très belles, et contiennent aussi des chœurs, ce qui donne des chansons justes magnifiques.

Enfin, les thèmes abordés à travers toute cette œuvre, on verra évidemment des réflexions sur la vie et la mort à travers le fantôme de C (Casey Affleck) , l’amour à travers le deuil de M (Rooney Mara), et notamment à travers le morceau de papier dont je parlerai plus tard, on verra aussi le changement des sociétés, la transformation de la nature avec la maison démoli puis remplacer par un bâtiment puis une incroyable ville futuriste, les différentes ellipses nous montreront ce temps qu’on ne peut pas stopper, et le monologue incroyable de l’acteur Will Oldham nous parlera de la disparition de tout objet, toute personne ou toute connaissance humaine.

Dernier point positif, ce film contient une séquence de 4 minutes ou Rooney Mara mange une tarte au chocolat salée (merci le commentaire du réalisateur dans le blu-ray) jusqu’à se faire vomir, c’est lent mais vous ne verrez jamais Rooney Mara manger une tarte pendant 4 minutes dans un autre film.

Puis pour les points négatifs, il est difficile d’accès, donc il faut bien mettre toutes les chances de son côté pour l’apprécier. Et voilà c’est tout, déjà car il y a peu de défaut et en plus parce que tirer sur un film qui fait 100000 dollars de budget c’est trop facile, je préfère taper sur les blockbusters…

Enfin on va passer à la partie Interprétation que je ne vais absolument pas interpréter car c’est impossible, la fin est à l’image du film, très ouverte, le fantôme trouve un papier caché par son ex-femme (ou sa femme je sais pas si on divorce quand on est un fantôme) avant qu’elle ne déménage, il gratte le mur (d’après le commentaire il s’agit d’une référence à The Visit de M. Night Shyamalan) jusqu’à trouver le papier plié, il l’ouvre, puis en le lisant, disparait de la même manière que l’autre fantôme précédemment, on comprend alors que cette disparition est sûrement due à une forme d’échec, d’abandon ou pour la fin du fantôme de C, une réussite pour trouver la paix. Dans le script du film le réalisateur/scénariste ne savait pas ce qui serait écrit sur le mot, mais il comptait filmer ce qui aurait dut être écrit sur le papier. Finalement, il a opté pour une fin ouverte, rien n’était écris sur le papier lors du tournage, c’est aux gens d’imaginer comment C a pu trouver la paix. Un « je t’aime » pour symboliser leurs Amour ou juste un « adieu » ? Car étant mort brutalement dans un accident, ils n’ont pas eu le temps de se le dire, et c’est en quittant la maison et changeant de vie qu’elle tournera la page, C peut disparaître et trouver le repos éternel. Il avait sûrement le choix de franchir la porte qui s’est ouverte dans l’hôpital, mais il a préféré se souvenir encore un peu de son passé, afin de se sentir en paix, c’est cette volonté qui le fera voyager dans le temps, même dans cet état spectral dénuer de sens il a un but, des émotions, il vit encore et voit les gens vivre.

Pour conclure A Ghost Story est une véritable expérience qui va jouer avec les plus belles émotions, mais aussi la plus vieille peur de l’humanité cette peur de mourir, de disparaitre, cette peur du temps qui passe et qu’on ne peut pas arrêter, on pourra ressortir du film pessimiste, mais le film n’en est pas moins beau, le film est tellement large que personne n’en aura la même vision, c’est une histoire de fantôme comme indique le titre du film, mais c’est avant tout un film sur la vie, et à aucun moment, A Ghost Story transmet le message que la vie n’en vaut pas la peine bien au contraire.

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