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Mutafukaz est un film d’animation franco-japonais adapté de la bande dessiner du même nom (de l’auteur Guillaume « Run » Renard) produit par Ankama Animation et les studio 4°C. Le Film est réalisé par Guillaume Renard, donc l’auteur et Shojiro Nishimi.

Je vais résumé grossièrement le film, à Dark Meat City (ville californienne, réplique évidente de Los Angeles), Angelino et son Ami Vinz survivent tant bien que mal au problème de violence dans la rue, ils ont élu domicile dans un petit hôtel miteux, et un jour ils vont voir débarquer la police, Angelino se fera alors traquer pour de mystérieuses raisons, notamment le fait qu’il puisse vrai semblablement voir des choses que les autres ne discernent pas depuis son accident de scooter.

On sait qu’en France le cinéma de genre a du mal à être pris en considération, hélas c’est pareil pour l’animation, ce film a mis pas mal de temps à voir le jour, certains festivals le passait il y a déjà un an et le voir sortir en salles n’était pas gagné d’avance, d’ailleurs, tous les cinémas ne le diffuse pas.

Et bien sûr c’est triste, mais il faut le préciser, ce n’est pas pour enfant… J’ai déjà lu certaines critiques du film qui précisait que c’était violent et non pour les enfants (c’était vu comme un défaut du film) mais déjà … la bande annonce montre que le film n’est pas pour enfant et cela illustre un problème que je commence de plus en plus à voir, les parents qui emmènent leurs enfant voir un film parce que c’est de l’animation…L’animation est une technique cinématographique, beaucoup utiliser pour les enfants. (Disney, Dreamwork, Pixar, etc, qui sont de moins en moins pour les enfants d’ailleurs … quand on voit la référence à Breaking Bad dans Zootopie). Ou par exemple le récent L’ile aux chiens de Wes Anderson qui n’est pas du tout pour les jeunes enfants. Il y a aussi eu des problèmes de ce genre avec Sausage Party…évidemment qu’il ne faut pas emmener son gosse voir un film avec une saucisse en personnage principal… la bande annonce était là pour montrer ce côté mais des gens ont choisi de boycotté le film parce que « l’animation c’est pour les enfants… »

Pour revenir au film qui nous intéresse, Mutafukaz est une pépite, dans le sens où il s’agit d’une très belle technique d’animation, le style graffiti est génial et tout le film est très beau à voir notamment une ou deux scènes psychédéliques présente dans les bandes annonces. Il montre évidemment les problèmes de rue, il ne peut pas se permettre d’être doux à ce niveau-là, il est aussi très référencé, les plaques des voitures des hommes en noir indiquent MIB, évidemment Men in Black, à un moment dans une petite scène externe à l’intrigue, Angelino perd son cerveau, des yeux et des pattes commencent à lui pousser de la même manière que dans The Thing de Carpenter. Il y a aussi cette ambiance très GTA notamment avec le gang au bandeau violet qui me rappel un gang du Jeu Grand Theft Auto San Andreas , évidemment beaucoup taperont sur le film pour ce côté GTA, violent, vulgaire, mais il faut se rendre à l’évidence, il est au fond très politique, et n’hésite pas non plus à nous parler de l’écologie, j’aime beaucoup aussi la vision du symbole Illuminati depuis la chambre d’hôtel, quand on apprend qui sont réellement les ennemis du films, on pense toute de suite aux théories du complot, et le film pour son scenario joue évidemment sur un complot mondial avec un méchant très stéréotypé.

Evidemment il est drôle car voir les clichés poussés au maximum ça fait rire, et parfois le film utilise quelques éléments qui brisent le quatrième mur, mais ce n’est jamais omniprésent, il arrive a rester sérieux et crédible, car malgré son ton humoristique, l’univers est très sombre.

Le film reprend apparemment l’histoire des cinq premiers tomes de la BD, mais personnellement je n’ai pas eu l’impressions de voir une bande dessinée à l’écran, j’ai vu un réel film d’animation, quelque chose que je voudrai voir plus souvent en France.

Pour ce qui est des personnages, les doubleurs font très bien le boulot, mais je garde encore une petite réserve pour Orelsan, comme j’avais pour son doublage de One Punch Man, il a une voix qui personnellement me laisse un peu en dehors, mais j’ai quand même préféré son doublage de Angelino car je n’ai pas vu Mutafukaz dans d’autre langues et je n’ai donc pas été parasité avant. J’ai beaucoup aimé le fait que deux des personnages du film soit totalement à part, dans le sens où l’on ne sait pas leurs origines, pourquoi Vinz est un squelette au crâne enflammé, ou notamment Willy (Avec la superbe référence « il faut sauver Willy »), c’est un petit animal peureux complètement à part et on accepte très vite le design des personnages.

Pour conclure, Mutafukaz c’est une heure et demi de plaisir, le cinéma français ne peut pas rester statique, et continuer sans cesse la comédie, il peut aussi accouché de belles œuvres, parfois il n’a rien a envier au cinéma américain, ici c’est une production franco-japonaise car faire un film pur français si ce n’est pas de la comédie c’est dur, et bien sûr il mérite d’être qualifié de film français au même titre que Ghostland (Film franco-canadien réalisé par Pascal Laugier).

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