33379082_2053491934912814_1002888216669323264_n

Bonjour et bienvenue dans cette critique, aujourd’hui je vais parler de peur dans le cinéma, notamment à travers un film, le Projet Blair Witch (Blair Witch Project en version originale).

Avant de faire le résumé, je vais expliquer le rapport un peu particulier que j’ai avec ce film, je ne jugerai pas la technique étant donné que c’est un film filmé a la première personne en raison du scénario( autrement appelé found footage). Ce film étant culte j’ai décidé un soir de m’y mettre et surtout, je savais qu’il s’agissait d’un film d’épouvante liée à l’ambiance, il ne joue absolument pas sur le Jumpscare comme beaucoup de mauvais film d’épouvante/horreur (il y a aussi de très bons films qui utilisent des Jumpscare mais c’est une autre histoire), j’ai donc décidé de le regarder dans une très bonne ambiance (bon son, lumière éteinte et zéro distraction). Ce film est la plus effrayante expérience que j’ai vécue, pas la plus malaisante puisqu’il y a Eraserhead de David Lynch (oui c’est une annonce, je me réserve une critique sur Eraserhead), et je parle bien d’expérience et non de film car prendre ce film comme un film c’est se gâcher le film. Je vais m’expliquer… mais d’abord un petit résumé !

3 jeunes étudiants en cinéma décident de tourner un documentaire dans la forêt de Black Hills (aussi appelée forêt de blair) dans l’Etat du Maryland, car une légende raconte qu’une sorcière y habite, les rushs (bande vidéo) ayant été retrouvés un an plus tard, le film est la reconstitution de ces rushs.

Déjà dans ce résumé on voit que ce film essaye de nous faire entrer dans cette peur, en effet le found footage est un bon moyen d’immersion étant donner qu’on présente l’histoire comme vraie de base, donc une sorte de documentaire (à la manière de cannibal holocauste qui effrayait de par son réalisme). Evidemment on sait tous que le film n’est pas vrai les acteurs n’ont pas disparu mais les réalisateurs savent très bien que ça va jouer sur l’immersion du spectateur. De plus cette technique montre qu’un très bon film est faisable avec un très petit budget (60000 dollars), ce qui en a fait l’un des 20 films les plus rentables dans l’histoire du cinéma.

Mais ce qui m’a décidé à faire cette critique, c’est avant tout le reproche fait trop souvent au film, le fait qu’il n’y a rien dans le film, qu’il est ennuyeux. Alors oui il est ennuyeux…si on n’est pas dans de bonnes conditions pour le voir. Ce film est typiquement le genre de long métrage qui sont beaucoup plus que de simples produits rapportant de l’argent, c’est une véritable expérience qui prend tout sens dans les meilleures conditions possibles (à la manière de A Ghost Story) l’idéal étant une salle de cinéma.

Le Projet Blair Witch donne au spectateur les bases de l’épouvante, l’environnement sec, sombre, coupé du monde, une caméra très mouvante, on n’a pas le temps de voir précisément son environnement, pas de musique et seulement des bruits de fond. On sait que les étudiants sont en forêt pour filmer une soi-disant sorcière, les réalisateurs ont compris que les spectateurs ferait le reste pas besoin d’effet numériques ou de costume quand on peut laisser le public s’imaginer cette sorcière, dans l’épouvante dissimuler a toujours été plus utile que montrer, ça justifie l’une des peurs les plus anciennes de l’humanité, celle du noir, celle de ne rien voir, un enfant s’imagine un monstre dans le placard ou sous son lit et durant ce film le spectateur dans de bonne conditions s’imaginera que la sorcière est partout qu’elle nous regarde, on se sent observer durant le film, le moindre évènement surnaturel fera imaginer les pire chose aux spectateurs, je le répète, pourquoi créer des tonnes d’effet spéciaux et des effusions de sang alors que le spectateur peut s’imaginer lui-même le pire

Le Projet Blair Witch est différent selon les personnes, le réalisateur donne une base, le reste se bâti grâce a la créativité du spectateur. La seule vraie scène visuelle choc du film est le dernier plan, un des plus glaçant de l’histoire du cinéma, pourtant, on a déjà fait pire visuellement, alors qu’est- ce qui rend ce plan aussi glaçant ? C’est simplement l’histoire que s’est créer le spectateur durant tout le film, et l’histoire qu’il va se créer après ce plan très court. Car oui le film est vide, et ce vide est effrayant, le moindre petit bonhomme fait de bois, les moindres petits cailloux empilées dans ce film vont nous amener à stresser et être sur ses gardes, regarder partout. Anecdote :  Durant une scène, j’ai cru voir en fond un personnage semblables au petit bonhomme en bois derrière un arbre, évidemment j’ai revérifié, et il n’y avait rien, pourtant je m’en souviens encore, j’ai créé mon propre plan, je me suis effrayé seul.

Cacher a toujours fait plus peur que dévoiler, et c’est malheureusement le piège dans lequel tombe beaucoup de productions, évidemment récemment il y a une suite au Projet Blair Witch( Blair Witch 2016) que je ne regarderai pas, pas parce que elle me ferait peur mais parce que je sais que ce film a eu tendance à expliquer tout les événement surnaturel, il est parfaitement inutile et impossible d’expliquer des événements que des millions de personne se sont imaginées différemment, laisser le mystère est bien plus efficace.

Le film joue d’ailleurs beaucoup avec la nuit, au fur et à mesure du film les nuits sont de pire en pire, bruits d’enfants, basculement de la tente, évidemment rien n’est montrée, et à raison, rien ni personne ne peut savoir ce qu’il y a la nuit dans la forêt de blair, que ça soit les spectateurs ou les protagonistes, après avoir passer une nuit, on en vient à détester les suivantes car on sait qu’il y a quelqu’un ou quelque chose dans le noir, c’est l’imagination du spectateur qui fera le reste et chacun aura ses propres « démons ».

Je conseille donc de voir ce film lorsque l’occasion se présente, et vous pourrez voir que parfois c’est le public qui fait le film.

 

 

33532936_2053491914912816_6164683189785722880_n